Les carnets d'une mère paumée …

(ou presque)

L’enfance en enfer – Nath Apolline – Editions Mineur/Airvey Editions

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Le 19 novembre 2015, pour la journée mondiale pour la prévention des abus envers les enfants, je recevais sur mon blog, Nath Apolline, auteure du livre « L’enfance en enfer » aux éditions Mineurs. Dans cette interview, je m’engageais à lire ce livre et à revenir vers vous ensuite. Chose promise…

Synopsis :

Noémie vient d’une famille bourgeoise catholique aisée. Elle ne manque de rien, c’est une enfant qui « a tout pour être heureuse ». En apparence seulement. Sous la surface du vernis craquelant, dans le silence du huis clos, se terre la psychose. Celle d’un couple et, en particulier, d’une mère. Qui bat sans relâche, qui hurle et crache sa haine à cette enfant dont elle ne peut souffrir l’odeur depuis le jour où elle a posé les yeux sur elle. Tout en l’aimant d’un amour fou, morbide et fusionnel qui lui fait commettre le plus odieux des crimes.

Ne nous le cachons pas, ce livre, ce n’est pas 30 nuances de rose au pays des layettes ou Merci pour ce moment au pays des bisounours … Non, non !

Ok ce n’est pas un scoop, au vu du résumé, vous vous en doutiez ! Ok !

Est-ce que ce livre est facile à lire ? Encore une fois, vous vous en doutez ! Non, ce livre fait mal aux tripes, vous arrache le cœur et vous donne une furieuse envie de choper l’adresse de la madrée pour lui conter fleurette et plus si affinité !

Alors pourquoi lire ce livre ?  Tout simplement parce que l’auteure de ce livre, c’est son histoire qu’elle raconte ! Alors oui, c’est un roman autobiographique donc il y a un peu de roman là-dedans, mais on se doute bien qu’il n’y a pas grand-chose d’inventer ! L’auteure se met à nu, nous livre les passages de sa vie qu’elle souhaite plus que tout oublier, ceux à cause des quels, elle a dû se reconstruire, réapprendre à faire confiance, réapprendre à aimer, apprendre à être aimée !

Cette histoire, c’est l’histoire de Noémie, mais c’est aussi Nath, Céline, Sarah, Alya, Léo, Frédéric, Killian, ….

Selon un sondage de « L’enfant bleu » de 2014, les chiffres font froid dans le dos :

44 % des enfants maltraités ont moins de 6 ans 
60 % des cas de maltraitance sexuelle ont lieu dans la famille des victimes 
46 % des cas de maltraitance sont imputables aux pères 
25 % des cas de maltraitance sont imputables aux mères 
9 % des cas de maltraitance sont imputables aux beaux-pères
600 à 700 décès sont imputables à de mauvais traitements infligés par les parents.

Source : L’enfant bleu et L’enfance en enfer

Donc ce livre, c’est le témoignage d’un enfant, mais ça pourrait être celui de beaucoup d’autres. Ce livre, c’est le livre qui vous fait encore plus détester les parents maltraitants, mais pas que ! Oui, pas que … car ce livre, il ne vous montre pas seulement la sombre face diabolique d’un parent maltraitant, non, il vous montre aussi la sombre face de ceux qui ne voient pas, qui n’entendent pas, qui ne parlent pas. Oui, vous savez un peu comme ces 3 singes ! Ne surtout pas se mêler des affaires d’autrui ! Et puis, nous ne sommes pas bien sûrs, peut-être que, et si, et puis, …

Ce livre nous montre comment des adultes ont détourné le regard. Il nous montre comment l’enfant frappée a vécu cet abandon, cette trahison face à ceux en qui elle avait confiance. Il nous montre la brutale réalité à laquelle un enfant battu doit faire face : non, les adultes ne sont pas parfaits et peuvent même être lâches ! Ce livre est le parfait exemple de ce que nous ne devons pas faire, ce livre est d’utilité publique pour comprendre ce qu’il faut changer !

Ce qui est important aussi, c’est le sujet de ce livre ! Une enfant battue oui oui, on sait ! Oui, mais une enfant qui devient le punchingball, le jouet d’une mère violente et incestueuse ! Une mère violente et incestueuse … Et c’est là, à mon avis, que l’auteure a perdu sa chance de couverture médiatique ! Oui, si ce livre n’a pas eu un retour des médias, ce n’est pas qu’il est mal écrit. Oh non, bien au contraire, il est très bien écrit. Ce n’est pas non plus que le livre est trop dur, il faut arrêter de se mentir. Des livres relatant des histoires de personnes ayant connues violence, drames, il en existe plein et les médias en ont fait leur chou gras ! Non, la raison de son boycott médiatique, c’est que c’est une mère qui viole et frappe sa fille ! Une mère … et ça, c’est tabou en France, ça dérange ! Une mère ne peut pas faire ça ! Un père, ça choque mais ça n’étonne pas vraiment comme si ça faisait partie d’une infime probabilité envisageable mais une mère non ! En quoi une mère devrait-elle être maternelle à l’instant même de la conception alors que le père devrait gagner son droit à la paternité avec le temps ? Parce qu’elle l’a porté cet enfant ? Et bien non, messieurs, dames, une mère peut frapper, torturer, violer son enfant ! Quand bien même cela nous dérange, cela existe et il faut le dire ! Une mère ne naît pas mère !

Et puis au-delà de tout ce que nous pourrions penser, l’auteure décrit, à la perfection, la dualité des sentiments qui s’affrontent dans le cœur de cette mère. Non, pas qu’elle nous la rende compatissante, non, mais, nous pouvons y lire toute l’ambiguïté de cette femme, et les sursauts d’amour qu’elle aurait pu avoir, dû avoir.

Il faut lire ce livre ! C’est une nécessité ! D’abord, parce qu’il est très bien écrit, richesse du vocabulaire, des phrases sublimes au-delà de la violence. C’est un plaisir de le lire, si je puis dire au vu du contexte !

Puis, il faut lire ce livre car, il nous fait voir avec les yeux de l’enfant qui est battue, de l’enfant qui est abandonnée à la sauvagerie et à la hargne de cette mère. Comment au-delà de la violence physique, une enfant en arrive à croire que ce que sa mère lui fait est normal et que tout est de sa faute à elle. Que si elle n’était pas comme elle est, sa mère ne lui ferait pas ça. Que malgré tout, cette enfant aime sa mère et que c’est normal que sa mère ne l’aime pas car, après tout, elle l’a bien cherché ! Il assemble les pièces une à une jusqu’au dénouement final pour nous montrer ce qui se passe dans la tête du bourreau, de la victime. Il nous fait comprendre ce qui devrait être fait, non pas par la justice, mais par la justice et par nous-même, simples spectateurs !

Non, non, vraiment, vous ne pouvez pas ? J’ai juste envie de vous dire ! Sérieux ? Vous avez peur que ça vous fasse trop mal ? Promis, vous aurez carrément moins mal que cette enfant !

Maintenant, je m’adresse à toi, Noémie !

Chère Noémie,

Ton livre, je l’ai acheté. Puis, je l’ai regardé, observé, comme une bête dangereuse, comme une peur qu’on ne veut pas affronter ! Puis je l’ai mis sur ma table de chevet. Doucement, j’ai apprivoisé ma peur car, après tout un livre ne peut pas faire mal !

Je l’ai ouvert et je l’ai commencé ! Personnellement, je l’ai lu en 3 jours. Impossible pour moi de te lâcher, je ne voulais pas t’abandonner, je voulais aller avec toi jusqu’à la fin !

Je voulais juste te dire Noémie, qu’à chaque page, j’ai eu envie de te serrer contre moi, de te faire des câlins et des bisous. J’ai eu envie que tu m’entendes te dire que tu es belle, que tu n’es pas un monstre, une garce ! Non, tu es une belle enfant Noémie ! J’ai eu envie de te dire que non, ce n’est pas normal ce que ta mère te fait et que non, tous les parents ne font pas ça à leurs enfants ! Plus que tout, j’ai eu envie de te dire que je t’aimais, te prendre par la main et t’emmener très très loin !

Tu sais d’ailleurs ton livre, je l’ai fini il y a quelques temps maintenant mais, il est toujours sur ma table de chevet, je ne l’ai pas rangé !

Noémie, je ne veux pas te mentir, en te disant que tu n’es pas seule, car tu es bien seule ! Mais saches que malgré tout, j’ai foi que pour chaque enfant maltraité, il y a bien quelque part, quelqu’un qui, un jour, verra, et tendra la main ! Je ne veux pas croire autrement ! Nous allons porter haut le combat des enfants battus et faire en sorte qu’un jour, ils puissent vivre autre chose qu’une enfance en enfer !

Je t’aime !

Je vous rappelle que Nath Apolline a crée une association pour lutter contre la maltraitance enfantine,

E3DE, Ensemble pour Développer et Défendre les Droits des Enfants.

Pour vous procurez le livre de Nath Apolline ça se passe  ici.

Et n’oubliez pas ce numéro 119, il peut sauver des vies !

1 Commentaire

  1. Nath-Apolline

    Moi aussi je t’aime chère Chris ! Merci pour ce bel article, merci pour tout cet Amour que tu transmets. Et un grand merci pour cette belle énergie qui est la tienne et qui me touche au plus profond de mon cœur…

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