Les carnets d'une mère paumée …

(ou presque)

A toi, mon petit,

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Aujourd’hui, vous allez découvrir un style épistolaire un peu différent, car ce n’est non pas une femme qui écrit à une autre femme mais … je vous laisse découvrir ! Un grand merci à Valentine Ferrière, retraitée de l éducation nationale, militante . Je vous invite à découvrir l’association qu’elle soutient Na Semsé 87. Bravo pour votre engagement Madame !

 

 

 

A toi, mon petit,

 

Le bruit des clés s’est tu, et le soir prend possession de la cellule… L’angoisse reprend, et le silence, tout relatif qu’il soit, pèse encore plus lourd que la solitude de la journée…

Que fais-tu à cette heure ? Sans doute as-tu pris ton bain, et joues-tu un peu avant le livre du soir…

 

J’imagine sans difficulté mais avec une peine immense qu’une autre s’occupe de toi, te serre dans ses bras, te dit des mots tendres. Pour toi, c’est bien, tu es choyé, mais pour moi… Quelle torture de ne pouvoir faire tout cela moi-même… Ma douleur hurle en moi, m’étouffe et je crois bien souvent que je vais perdre la raison…

 

Ici, les murs gris sont couverts de tes photos, je les regarde à longueur de jour, j’essaie d’oublier l’inconfort du lit, l’humiliation des toilettes, le vide immense et le temps qui s’allonge indéfiniment !

Je ne devais pas rester longtemps mais mon dossier n’avance pas et je désespère !

 

Tu es trop petit pour lire cette lettre que je n’enverrai pas, je la rangerai comme toutes les autres dans une grande enveloppe dans mon minuscule placard, un jour peut-être tu les liras et tu verras que je ne t’ai jamais lâché ni mal aimé ni oublié… Il ne faudra pas croire ceux qui diront le contraire.

 

Bonne nuit, mon tout petit, fais-moi une place dans tes rêves, que là au moins nous soyons réunis !

Demain, je t’écrirai encore, et encore et encore.

 

Photo sous licence cc by Gillyan9

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