Les carnets d'une mère paumée …

(ou presque)

Lettre à cette autre femme

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Pour inaugurer cette opération de « Lettre à une inconnue »  à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, je vous laisse découvrir la plume d’Anne-Claire Juan, dirigeante de « Comptes & Bonheur » (si si c’est compatible, si tu ne crois pas, va la voir) et auteure du blog « bonjour1sourire » où elle nous enchante de par ses écrits optimistes ! Je lui laisse maintenant la « parole » !

 

Très chère toi,

 

Bon, il faut qu’on parle.

On m’a dit que tu étais trop « toi ». Ta façon d’être, ta façon de vivre, ta façon de penser. Tout ça n’est pas respectable. Tu dois changer ! Change de personnalité, d’apparence, de sexe pendant qu’on y est !!Ah

Ah ces phrases te font rire toi homme ou femme inconnu(e) qui lis par-dessus mon épaule ? Pourtant c’est ce que tu dis souvent à ces femmes. Peut-être pas avec ces mots, mais c’est pourtant ce que tu demandes. Tu aimerais que d’autres t’imposent leur vision de la vie et leur idéologie ? Allez, passe ton chemin et réfléchis maintenant avant de parler. Je suis là pour écrire à cette autre femme.

Donc toi, cette autre femme, je sais que tu n’as pas été amusée par ces phrases autoritaires. Tu sais qu’elles sont faciles à dire et difficiles à entendre. Tu sais qu’elles blessent autant celles qui les entendent, qu’elles s’oublient par ceux qui les disent.

Tu les entends ces copines ou ces femmes que tu croisent lorsqu’elles disent « c’est pas compliqué, il suffit de partir, de changer de vie. Moi je le ferais ». Oui, au conditionnel on ferait toutes des choix qui nous libèreraient d’un coup de baguette magique. Au conditionnel, je serais une fée qui chevauche sa licorne au milieu de la voie lactée.

Toi tu sais, tu vis, tu survis plus exactement. Tu traverses les tempêtes, et tu te relèves toujours, du moins jusqu’à présent. Tu sais que ce n’est pas si facile de changer. Et qui sommes-nous pour te juger ? Avons-nous vécu ce que tu subis ? Peut-être, ou peut-être pas. Mais même si nous avons peut-être souffert nous ne sommes pas toi, avec tes émotions, ton expérience, ton passé et tes rêves.

Avant d’aller plus loin, saches que tu peux être fière de toi, quoi que tu aies pensé jusqu’à présent. Tu es une battante, et ta vie peut changer. Il y a quelque part une personne qui pourra attraper ta main tendue, entendre ta plainte murmurée du bout des lèvres, lire la détresse dans ton regard croisé au hasard… Quelque part, tu trouveras une sortie de secours, peut-être juste un petit trou dans un grand mur effrayant ou peut-être une porte qui s’ouvrira sans que tu t’y attendes, ou encore un pas que tu feras vers une autre/un autre.

J’ai juste une requête à formuler… Arrête de te juger si durement. Ce n’est pas ta faute ce qu’il t’arrive. Tu as le droit au bonheur, et je te le souhaite de tout mon cœur.

Parce que toi, cette autre femme, ce sera peut-être moi un jour, ou ma voisine, ou ma fille. Qui que tu sois, sache que tu es aimée.

 

Photo sous licence cc by Angelus Yodason

2 Commentaires

  1. Estre

    Une très belle lettre … Très touchante. Merci.

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  2. ChrissyochrisChrissyochris (Auteur de l'article)

    Merci !

    Répondre

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