Les carnets d'une mère paumée …

(ou presque)

Culpabilité

Ynot-Na

A force d’errer dans les salles d’attente, entre parents, on se croise, on se recroise, on finit même par se reconnaitre sans se connaître !  Oui c’est vrai, des fois, en un seul coup d’œil, vous reconnaissez les habitués de la salle d’attente !

Mais le plus triste, c’est quand vous reconnaissez la maman ou le papa atteint du syndrome du « c’estdemafautedetoutefaçontoutlemondemeledit » ! Ah oui, je vous l’accorde, ce nom est très long pour un syndrome, mais il est aussi fulgurant que douloureux !

 

Ces parents-là, quand je les croise, j’ai presque envie de leur chanter :

« Les yeux battus,

La mine triste et les joues blêmes,

Tu ne dors plus,

Tu n’es que l’ombre de toi-même. »

Ces parents-là, quand vous les croisez, vous avez l’impression que leurs épaules portent toute la misère du monde ! Ils sont accablés, fatigués, usés, à bout !

Ces parents-là en arrivent à ne même plus savoir s’ils n’ont pas inventé les problèmes de leur enfant ! C’est vrai ! Est-ce qu’au fond, il a vraiment du mal à parler ? Il ne sait pas bien courir mais après tout il est encore jeune ! C’est vrai qu’il n’est pas très attentif, mais c’est de ma faute, je ne m’y prends pas bien ! Et puis de toute façon, la psy, la maitresse, la voisine, ma belle-mère me l’ont dit, c’est de ma faute !

Ne trouvez-vous pas dramatique qu’un parent en arrive à douter de lui à cause de ce qu’on a pu lui dire ! Moi, je trouve ça tellement triste !

Cette mère atteinte du « c’estdemafautedetoutefaçontoutlemondemeledit », je l’ai été ! Oh oui ! Tout était de ma faute, après tout combien de fois avais-je entendu que j’étais une mère poule, qui couvait trop, que c’était pour ça que ma monstroplante n’évoluait pas ! Et bizarrement, j’ai arrêté de croire que tout était de ma faute, le jour où j’ai découvert que j’avais transmis à mes enfants une maladie génétique ! Paradoxal me direz-vous ? Oui mais voilà, ce jour-là j’ai découvert que, oui j’avais raison, mes enfants avaient quelque chose et que non, mon éducation n’avait rien à voir là-dedans !

Alors je m’adresse à toi, jolie maman que j’ai croisée en salle d’attente. Je voulais juste te dire que tu n’es pas une mauvaise mère, non, tu es juste une mère, avec tes doutes, tes craintes, tes peurs ! Tu n’es pas parfaite et tant mieux ! Tu fais des erreurs et c’est normal ! Qui n’en fait pas ? Ceux qui te critiquent ? Laisse-moi rire ! Au lieu de t’aider, ils t’enfoncent, ils jouent à « touché, coulé » et crient avec joie « coullléééeeeee » quand ils t’ont eu ! Ne les laissent pas t’atteindre !

Ne me demande à moi, inconnue, si tu couches ta fille trop tard ! Pourquoi me le demandes-tu ? Qui suis-je, moi, pour te juger ? Personne ! Et PERSONNE n’a le droit de te juger.

Te rends-tu compte qu’ils t’ont tellement rabaissée que tu me demandes, à moi, inconnue, de te dire si oui ou non tu fais ce qu’il faut pour ton enfant !

Ne te rabaisse pas ! Tu vaux mieux que ça, tu vaux mieux qu’eux !

Ne crois pas que je sois sortie de l’auberge ! Non, les mots ont la dent dure et les maux sont tenaces ! Mais je suis sûre d’une chose dorénavant : je ne suis pas une mauvaise mère !

Et toi, non plus tu ne l’es pas !

 

Photo sous licence cc by Ynot-Na

2 Commentaires

  1. claudine

    Ah, ces mots terribles qui visent à détruire… Ton image du touché/coulé exprime parfaitement la toxicité des propos tenus par certaines personnes. Le but de ces gens est effectivement de couler l’autre. Et un cœur de mère est sensible. Que de dégâts certains propos peuvent faire…

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    1. ChrissyochrisChrissyochris (Auteur de l'article)

      le coeur des parents est fragile et beaucoup le piétinent au lieu de leur tendre une main c’est affligeant !

      Répondre

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