Les carnets d'une mère paumée …

(ou presque)

Néophobie alimentaire

Gamene

Votre enfant ne mange rien. Il refuse de goûter. Soit les repas sont devenus un calvaire, soit vous vous devez de capituler pour votre propre santé mentale.

Pour certains, ça a toujours été comme ça, pour d’autres, c’est arrivé du jour au lendemain. Le lundi, il mangeait des pâtes, le lendemain, il n’en voulait plus et le calvaire a commencé.

 En plus, comme votre culpabilité ne suffit pas, les gens aiment bien en rajouter une petite couche, des fois que vous n’ayez pas remarqué que votre enfant ne mange rien.

– C’est tout le temps comme ça ????

– Qu’est-ce qu’il est difficile…

– Moi, mes enfants ne quittent pas la table tant qu’ils n’ont pas fini leurs assiettes

– Tu devrais l’envoyer se coucher sans manger, tu verras, il ne se laissera pas mourir de faim.

– Bon, maintenant, il va peut-être falloir sévir un petit peu

 Vous avez déjà tout essayé. Sévir, punir, promettre, forcer à goûter. Vous êtes las(se), usé(e) et vous voudriez que les repas deviennent un plaisir.

 Alors, essayons de commencer par comprendre la situation.

 Avez-vous déjà entendu parler de la néophobie alimentaire ?

La néophobie alimentaire, comme son nom l’indique, est une phobie des nouveaux aliments. L’enfant a tendance à refuser de goûter les nouveaux aliments que vous lui présentez et à les trouver mauvais sans même les connaître. La néophobie alimentaire commence vers 2 ans environ. La fin varie en fonction du degré de la phobie. Mais oui, cette phobie diminue avec l’âge (c’est une bonne nouvelle ça non ?).

Ce qu’il faut retenir, c’est que pour certains enfants, cela sera une phobie légère qui passera d’un coup, une petite période de « caprices », mais ce sera bien lié à la néophobie alimentaire. Pour ceux pour qui la phobie est plus forte, plus prononcée, il vous faudra vous armer de patience et de courage.

Comment réagit l’enfant fasse à cette phobie ?

Il trie les aliments, les examine, joue avec. Si vous lui demandez de goûter, il repousse l’assiette. Si vous le forcez à goûter, il grimace, sent l’aliment, détourne la tête, refuse d’ouvrir la bouche. Il le recrache et peut même aller jusqu’à vomir.

Des petits trucs pour sauver votre état mental ?

Attention, je ne vais pas vous donner de recettes miracles, chaque enfant est différent. Et puis vous aurez peut-être déjà testé sans que ça ait le moindre résultat.

Voici malgré tout quelques conseils qui peuvent aider pendant cette période :

– Cadre du repas : il faut que le climat soit agréable. Pas de cris, pas de menace. Il ne faut pas que vous soyez tendu(e), stressé(e). Que l’enfant garde un bon souvenir du repas. Il faut trouver le juste-milieu pour lui faire comprendre que vous voulez qu’il goûte sans en arriver aux menaces. S’il ne goûte pas, vous recommencerez le lendemain.

– Se familiariser avec les aliments : pensez à présenter un seul nouvel aliment par repas, et ce, pendant plusieurs repas. Même si votre enfant a refusé les premières fois, persévérez, toute la semaine s’il le faut. Pensez à préparer un aliment qu’il aime bien en même temps pour qu’il puisse manger un peu. Si malgré vos efforts, votre enfant refuse de goûter, passez à un autre aliment. Vous recommencerez cet aliment un mois plus tard, sous la même forme que précédemment, comme ça, il sera déjà familiarisé.

– Même repas pour tout le monde : les enfants seront plus disposés à goûter si toutes les personnes à table mangent comme eux. Cela les rassurera un peu.

– Préparation et présentation des repas : la participation des enfants pour les repas joue un rôle. Ils goûteront plus facile quelque chose qu’ils ont préparé. Cela leur donne des responsabilités, c’est important. Si vous voulez pousser encore plus les responsabilités et que vous avez un balcon, jardin, vous pouvez créer un potager avec eux.

Personnellement, j’ai réussi à avancer dernièrement grâce à des assiettes ludiques, un peu drôles, en donnant une forme de visage ou de camion, ou autre… Les bentos peuvent être une bonne source d’inspiration. Vous avez aussi la solution des gâteaux avec des légumes ou légumineuse : gâteau de carottes, gâteau de betteraves, gâteau au chocolat avec des lentilles,…

 – Félicitez les efforts : même s’il est « normal » qu’un enfant mange le repas préparé, n’hésitez pas à le féliciter. Même s’il a juste goûté un morceau, il aura fait un effort et il faudra lui montrer votre satisfaction. Des efforts reconnus seront toujours bénéfiques.

Comme je vous l’expliquais, il n’y a pas de solution miracle, si ce n’est notre patience qui est, certains soirs, bien limitée, c’est humain. Je suis dans cette situation actuellement, et il y a des jours où j’ai de la patience et d’autres non. Des fois où j’ai envie et d’autres non.

Ce qu’il faut retenir, c’est que non et non et non, ce n’est pas un problème d’éducation (Encore …).

Non, vous n’êtes pas un mauvais père, une mauvaise mère !

Si vous n’arrêtez pas de recevoir des réflexions sur votre manière de faire, alors n’en parlez plus « oui, oui, tout va bien » et continuez à avancer avec votre enfant dans le calme et la zénitude.

Nous ne sommes pas parfaits, nous ferons toujours des erreurs, mais nous ferons toujours de notre mieux !

Non, vous ne cédez pas à votre enfant ! Oui, vous l’aidez à avancer, c’est tout ! Courage !

Source :

http://www.consoglobe.com/lneophobie-alimentaire-alimentation-petits-enfants-cg

http://www.nospetitsmangeurs.org/la-neophobie-alimentaire/

Photo sous licence cc by gamene

6 Commentaires

  1. Marie-Neige

    J’ai eu mes enfants puis mes petits enfants dans ce cas (Heu ….. j’étais ainsi aussi). Dur dur. Ma petite fille est même allée jusqu’à dire à ses parents : « tu peux déjà me donner la fessée car je ne vais pas manger ce soir ».

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    1. ChrissyochrisChrissyochris (Auteur de l'article)

      Oui, je crois qu’il faut comprendre que là ce n’est pas un caprice, ils préfèrent une punition que de manger !

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  2. Laurence Chasseautresor

    Ma fille a été comme ça…dès qu’elle est née! Elle ne mangeait rien, à la maternité, la sage-femme comprenait pas qu’elle ne tête pas, elle mettait des heures à manger. Plus tard, elle n’a pas voulu manger de pots que je préparais avec amour…que j’ai fini par remplacer par des petits pots industriels parce que c’était déprimant! Les privations , récompenses, menaces n’ont rien changé.
    Personnellement, je ne voulais pas que les repas deviennent un ring de box, j’ai donc laissé tomber et je l’ai laissé manger ce qu’elle acceptait d’avaler. Je pense qu’elle a mangé exclusivement des pates au beurre pendant un an!
    Tout le monde m’a expliqué que c’était de ma faute et que j’aurais dû faire autrement…sûrement, mais j’ai décidé d’arrêter de culpabiliser parce que ma fille grandissait correctement. Elle mesure 1,70m aujourd’hui et c’est une belle plante,… qui mange toujours essentiellement des pâtes mais maintenant elle mange un peu de viande et du fromage!
    Je l’ai sûrement mal élevée, mais à un moment, on ne peut pas passer les repas à être dans le conflit. C’est épuisant pour tout le monde et ça nuit à la vie de famille.

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    1. ChrissyochrisChrissyochris (Auteur de l'article)

      Je suis comme vous l’avez été, je ne veux pas de combat de boxe à table ! C’est tellement usant !
      Je ne sais pas si on peut appeler ça de la mauvaise éducation ! Après tout, vous le dites vous même, dès la maternité, l’alimentation était compliquée !
      Merci de votre retour, Laurence !

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  3. Claudine Touchemann

    Très bel article et les commentaires sont très sensés eux aussi. Ah, ces gens donneurs de leçons, ce que c’est pénible!
    Je vais ajouter mon grain de sel : un de mes fils n’a quasiment mangé que des bouillies jusqu’à l’âge de 6 ans, au grand dam des « amis » – surtout « amies » – parfois présent(e)s. Moi aussi j’avais baissé les bras alors que son frère aîné mangeait de tout et était bien potelé à côté de la crevette de petit frère . La crevette s’est mise à manger « normalement » passé 6 ans. Il n’était tout simplement pas prêt avant.
    Résultat : ils ont aujourd’hui 37 et 33 ans et font tous les deux 1,87m pour le même compte de kilos. Une crevette? Où ça?
    Un enfant est un être unique (et quant aux donneurs de leçons, on ferait mieux de les laisser manger chez eux et pas chez nous).

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    1. ChrissyochrisChrissyochris (Auteur de l'article)

      que j’aime ton commentaire !
      Tu as fait une belle gambas en fait !

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